Accueillir les émotions

** Accueillir les émotions **

Ces derniers temps, je suis confrontée à des émotions de mes petitous, des colères, des pleurs, des crises qui ne sont pas toujours évidentes à écouter ou à accompagner et à résoudre.

Ma mère, ancienne institutrice, me répétait souvent, depuis la naissance de mon premier enfant, qu’il existe des lieux de rencontre, des ateliers, des associations destinés aux parents. Les premières fois où elle me parlait de ces idées, je le prenais plutôt mal. J’avais l’impression qu’elle sous-entendait que je gérais difficilement ou maladroitement mes enfants et par conséquent j’étais réfractaire à ce genre d’ateliers ou d’échanges. Alors je ne m’y intéressais pas.

Puis, petit à petit, doute après doute, remise en question après remise en question, je me suis mise à rechercher ce genre d’atelier et de temps d’écoute et de partage. Je savais ce que je ne voulais SURTOUT pas voir, écouter ou entendre. Un cheminement se faisait en moi, au plus profond de moi-même. Je sentais que quelque chose me poussait à aller de l’avant pour l’épanouissement de mes enfants et de nous en tant que parents. Mes recherches ont porté leur fruit. J’ai découvert qu’une fois par mois des ateliers pour les parents étaient animés dans ma commune. J’y ai participé, mais la 1ère ne fut pas intéressante ou du moins ne me fit pas écho. Alors j’ai continué mes recherches et ai commencé des lectures au sujet de l’éducation et de l’épanouissement des enfants. Puis un jour, j’ai reçu une newsletter au sujet d’atelier parent, dans une commune voisine, utilisant une pédagogie que vous connaissez peut-être « Faber & Mazlish ». Alors, par curiosité j’ai cherché des sujets sur cette pédagogie et j’en ai parlé autour de moi. Par hasard, une de mes collègues assistait à ce genre d’ateliers en Suisse. Après de longues discussions avec elle, je décide de me lancer et je m’inscrit.

Je me sens prête à améliorer mes compétences en tant que « Maman » et à accompagner au maximum mes enfants dans leur « devenir adulte ». C’est parti, je commence en mars les premiers ateliers 🙂

A ma grande surprise, il y a un (seul) mari (apparemment au lieu de 3 ) qui accompagne son épouse. L’animatrice de ces ateliers est psychologue mais pas une psychologue comme on peut les imaginer. Elle utilise l’haptonomie, une pratique récente traitant de l’affectivité, ou des lois qui régissent les mécanismes affectifs en particulier dans les relations interpersonnelles. Le public est mixte, il y a une mère au foyer, deux institutrices, trois businesswomen (dont moi 🙂 ) et le businessman. Comme dans la plupart des ateliers ou des sessions de groupe, nous démarrons l’atelier par une présentation de chacun. Une atmosphère de bienveillance, confiance et partage règne. Dès le début, l’animatrice nous informe que nos ateliers seront guidés non pas par la méthode « Faber&Mazlish » mais par une autre méthode qui y ressemble et qui a été créée récemment. Et voilà, je retrouve ce groupe régulièrement (deux fois par mois) avec qui nous échangeons nos expériences et apprenons des méthodes nouvelles pour s’épanouir avec nos bambins. C’est aussi pendant ces ateliers que j’ai découvert des lectures qui me guident et me font rire (vous pouvez les retrouver dans la page »mes lectures »). Un jour nous avons été amenés à faire un bilan des clefs que nous avons pu expérimenter ou essayer et c’est pour cette raison que j’écris cette chronique « comment accueillir les émotions de nos enfants? ». Je conte:

« un soir en rentrant du travail mon mari m’explique que la maîtresse de notre choupette lui a dit qu’elle était difficile ces derniers jours. Sur le chemin du retour de l’école, il a essayé de questionner notre choupette mais sans succès et a fini par lui expliquer qu’il fallait bien se tenir à l’école car la maîtresse s’était plainte de son comportement 😦 . Viens alors mon tour… Je prends le temps de câliner ma choupette et lui demande si tout va bien. Pas de réponse, je vois juste de la fatigue sur son visage. J’explique donc à mon chéri que la fatigue est certainement la raison de son comportement. Le lendemain, rebelote! Sauf que cette fois la maîtresse demande à nous rencontrer pour discuter de ce comportement. Mon mari est donc en colère et se pose des questions. C’est à ce moment-là précis que les clefs apprises lors de l’atelier des parents interviennent! Je prends le temps de discuter de choses et d’autres avec ma poupette et surtout « je l’écoute », je n’interprète pas et je ne la coupe pas. Une fois qu’elle a fini, je pose une seule question douce « je vois une petite fille qui est fatiguée, est-ce que tu as envie de me dire quelque chose? » Et, en effet, ma choupette avait des choses sur le cœur, elle se met à pleurer à chaudes larmes. Puis, tout à coup, je réalise que nous rentrons tout juste d’un voyage dépaysant en Tunisie pendant lequel les enfants ont découvert des coutumes, des villages, ont rencontré de nouvelles personnes et ont vécu avec Papi et Mamie. C’était riche en émotion. Nous sommes de retour chez nous, depuis seulement une semaine, et nous reprenons notre rythme : école, garderie, nounou… Il faut donc se réadapter. Je lui explique donc ce que je viens de comprendre et elle sourit ! C’est bon, j’ai trouvé ce qui se passait en elle, c’était ça !! Ravie, soulagée, elle repart jouer. Je décide donc de prendre le temps d’écrire un mot à l’attention de la maîtresse pour lui expliquer. Le lendemain matin, ma fille était heureuse d’aller à l’école. Dès qu’elle a vu la maîtresse elle lui a fait un câlin et lui a demandé pardon. Quand je suis rentrée du travail, quelle émotion lorsque j’ai vu qu’un mot signé de la maîtresse et de ma fille nous attendait. Dans ce mot, la maîtresse nous remerciait d’avoir pris le temps de lui donner ces informations et avait apprécié notre démarche et le retour de notre fille heureuse. Elle nous écrivait que la journée s’était très bien passée et que notre avait aidé à rédiger ce mot. (je ne vous cacherais pas que des larmes perlaient dans mes yeux à la lecture de ce mot). »

une fois cette histoire racontée pendant l’atelier, l’animatrice me félicita d’avoir réussi à accueillir l’émotion de mon enfant et me remercia d’avoir partagé cette expérience.

De mon côté, j’ai compris qu’il suffit simplement de quelques minutes d’écoute ou d’affection ou les deux pour résoudre une situation.Même si quelquefois, après une journée de travail, notre fatigue prend le dessus. Le résultat de ce moment dédié à leurs émotions est magique et finalement bénéfique pour tout le monde 🙂

<écrit le 30 juin>

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